Procréation médicalement assistée en Afrique : bilan ?

L’infertilité est parfois due à un nombre trop faible d’ovocytes ou de spermatozoïdes, ou à la faible capacité de déplacement de ces derniers.

Ainsi, les gamètes mâles et femelles se retrouvent dans l’impossibilité de se rencontrer.

C’est alors que l’assistance médicale à la procréation (AMP) intervient.

Procréation médicalement assistée en Afrique bilan

Quel est le bilan de la procréation médicalement assistée (PMA) en Afrique ?

La croissance de l’AMP en Afrique

Le taux de fécondité en Afrique reste plus élevé que sur les autres continents.

Malgré cet état de choses, on note un début de la progression de l’infertilité en Afrique.

Ainsi, depuis 1990, bon nombre de couples africains ont recours à l’assistance médicale à la procréation.

Notons d’abord que l’assistance médicale à la procréation est selon le médecin biologiste Philippe Wolf l’appellation légale de la procréation médicalement assistée.

En effet, les deux dernières décennies ont connu un accroissement des demandes de fécondation in vitro en Afrique.

On observe donc un nombre important de couples se déplacer de gynécologues en centres de fertilité, tant au sein du continent africain, qu’en Europe.

Les études effectuées à ce propos révèlent quatre métropoles africaines qui accueillent les couples en quête d’un enfant.

Il s’agit du Cap, de Douala, de Lomé et de Dakar.

Par ailleurs, le recours à l’assistance médicale à la procréation en Afrique ne se déroule pas sur une seule sphère géographique.

C’est ce que démontre l’affluence qui est observée autour des pays anglophones que le Ghana et l’Afrique du Sud.

En ce qui concerne les pays francophones, le Cameroun, le Togo et le Sénégal sont les plus convoités.

En effet, ces mégapoles, tant anglophones que francophones, comportent les plus grands centres de fertilité du continent africain.

Inégalités sociales et AMP en Afrique

Les inégalités sociales ne sont pas sans incidence sur l’accès à l’assistance médicale à la procréation par les couples africains en quête d’un enfant.

Il n’existe dans aucun pays de l’Afrique, une prise en charge économique de la stérilité.

Alors que l’infertilité est une réalité palpable en Afrique.

Cet état de choses représente ainsi le fait principal qui fait agir les inégalités sociales sur l’accès à l’AMP.

En effet, la question de stérilité et de fécondation in vitro mobilisent les capacités d’investissement des couples.

Les études démontrent d’ailleurs que la plupart des couples ayant recours à l’AMP ont deux salaires ou sont de la classe moyenne.

Les couples peu fortunés quant à eux vendent des biens ou recourent à des prêts pour accéder à l’assistance médicale à la procréation.

En réalité, il faut avoir assez de moyens pour bénéficier d’une assistance à la procréation médicale.

Cela s’explique par le fait que l’AMP coûte un peu cher.

Aussi, le fait que certains couples préfèrent se rendre en Occident fait qu’il faut avoir assez de moyens pour bénéficier d’une AMP.

Aux dépenses inhérentes au processus viennent donc s’ajouter celles du voyage.

L’AMP et les contraintes sociales, religieuses et culturelles en Afrique

La société traditionnelle africaine et les religions ont un double impact sur le recours des couples à l’assistance médicale à la procréation.

En premier lieu, l’idée de stérilité demeure jusqu’à nos jours un tabou au sein des familles.

Secundo, le christianisme et l’islam interdisent d’une façon ou d’une autre toute intervention sur le processus de fécondation.

Ainsi, les couples qui recourent à l’AMP n’en parlent que très peu.

De même, la plupart se tournent vers la fécondation in vitro à l’insu de la famille.

Il leur est de ce fait plus facile de revenir avec la grossesse après un voyage et laisser penser à une grossesse naturelle.

Toutefois, l’urbanisation imposée par la modernisation n’est pas sans impact direct sur l’avancée de l’AMP en Afrique.

Que la société l’ait reconnue ou pas, l’assistance médicale à la procréation est déjà entrée dans les consciences et agit sur la famille en Afrique.

Le statut de l’enfant conçu artificiellement est le premier débat sur l’horizon.

Concrètement, l’assistance médicale à la procréation fait penser à la plupart des Africains qu’il y a eu don d’ovule ou de sperme avant que le couple ait conçu.

Ainsi, on dit de l’enfant qu’il est un enfant du couple, et non du lignage, de la famille.

Puisque ses origines restent douteuses pour la famille quand on sait que le couple a recouru à l’AMP.

On note aussi désormais une possible dissociation des notions de mariage, de sexualité, d’engendrement et de parenté dans une Afrique urbanisée.

On retient donc que la procréation médicalement assistée connaît un essor considérable en Afrique depuis 1990 car de nombreuses femmes veulent absolument tomber enceinte rapidement.

Bien que la société traditionnelle continue d’opposer une résistance, l’assistance médicale à la procréation brise déjà les normes sociologiques dans une Afrique désormais en proie à la stérilité.


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