Aujourd’hui, il est largement accepté que l’accès au traitement antiretroviral pour les personnes vivant avec le VIH soit une priorité mondiale – même pour la majorité qui vit en Afrique et qui n’a pas les moyens de se payer ces médicaments.
On pourrait même dire qu’une véritable industrie a vu le jour autour du VIH/SIDA en Afrique, même s’il reste encore énormément du chemin à faire. Dans notre contexte actuel, il est facile d’oublier qu’il y a moins de 10 ans, l’orthodoxie de la communauté internationale était que le traitement n’était pas « coût - efficace » en Afrique et que l’on ne devait qu’appuyer la prévention et les soins palliatifs.
Le Centre Oasis est né en 1998 pour contester cette orthodoxie, en montrant qu’on pouvait offrir l’accès aux antirétroviraux sur nos propres fonds même dans une association communautaire dans un des pays les plus pauvres d’Afrique, auprès des plus démunis. Nous avons pu rallier de nombreux partenaires et sympathisants à notre lutte et sommes particulièrement reconnaissants de l’appui de l’Alliance à un moment crucial.
Dès 2000, le Projet Orange voulait consolider et promouvoir notre modèle de prise en charge communautaire et viser les standards d’excellence internationale. Ce rapport témoigne ce que nous avons vécu et appris à travers le Projet Orange et nous rappelle qu’il y aura toujours des défis à surmonter.
Aujourd’hui, grâce au Projet Orange, nous sommes confrontés à l’engouement pour le traitement maintenant plus accessible — une charge lourde pour l’association à gérer. En plus, la réussite du traitement pose paradoxalement une nouvelle série de défis : comment assurer l’observance à long terme, gérer les échecs thérapeutiques et appuyer les nombreuses personnes qui souhaitent démarrer une nouvelle vie en fondant une famille ou en intégrant le marché du travail dans un contexte de chômage et de pauvreté. Le monde communautaire est en première ligne pour relever ces nouveaux défis, même dans un contexte de passage à l’échelle et de nationalisation de la couverture antirétrovirale. C’est pourquoi nous devrions toujours être là pour montrer que même devant des défis qui paraissent insurmontables, il y aura toujours moyen d’imaginer un avenir meilleur — et de le mettre en pratique.
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Issoufou TIENDREBEOGO
Président de AAS